Écrire et faire lire

Les vagues

J’adore la plage. Ça va avec le soleil, la mer, les vacances. Papa et maman sont plus souriants. Maman me fait pleins de câlins. Et papa m’offre des glaces. J’aime courir sur le sol chaud, construire des châteaux de sable avec maman, m’aventurer dans les vagues avec papa. Là, je cours vers la mer, le vent me décoiffe, je sais que ça va tirer quand on va passer la brosse… Mais cela fait des heures que j’attends dans la voiture, alors je veux juste aller dans le frais de l’eau, vite. Je cours, mes orteils touchent enfin le sable mouillé, plus mou. Mais là, mon pied s’enfonce, et je sens que je tombe. « Aïe ! » Je crie. Maman arrive tout de suite, elle me frotte le dos en regardant mes genoux. Mais j’ai juste bu la tasse. « Pouah c’est salé ». C’est dégoutant la mer en fait. Maman souri, « ben oui, l’eau de la mer, c’est salé ». Je ne sens plus le mal que je me suis fait à la cheville, qu’est-ce qu’elle me dit ? « Pourquoi l’eau de la mer c’est salé ? ». Maman semble réfléchir « l’eau de la mer c’est salé, car elle contient toutes les larmes de tous les gens malheureux, qui viennent pleurer en silence au bord de la plage. Les vagues sont leurs regrets et leurs secrets. L’océan, c’est comme une grande étendue de sentiment. » Sa voix est douce. Comme quand elle m’a expliqué comment je suis née. J’hoche la tête et je me relève. J’entre dans l’eau, plus doucement cette fois.

Quand on arrive dans le sud, on mange tout le temps dans le même restaurant le premier jour. Je dévore mes frites. « Maman, je peux sortir de table ? ». Elle me sourit. Alors vite, je cours, jusqu’à un peu plus loin, juste là, sur ce rocher que j’ai repéré. Je m’assois et j’enfonce mes orteils dans le sable, comme c’est si agréable de le faire, même s’il n’est plus très chaud le soir. Je croise mes bras sur mes genoux et je fixe l’eau. Je pourrai regarder la mer pendant des heures. Mais maintenant, je le fais aussi avec un peu de tristesse. De grosses vagues courent jusqu’à la plage. Elles l’atteignent avec un grand bruit. Je tente d’entendre ce qu’elles peuvent avoir à dire. Il y a beaucoup de gens malheureux sur terre.